Criminalite - les révoltés du désert

Criminalite

Ceux-ci étaient principalement formés par des hommes de l'État récemment annexé d'Awadh et se mutinèrent en masse. Un autre large contingent de Gwalior se souleva également même si les dirigeants de l'État restèrent aux côtés des Britanniques. Les autres unités irrégulières étaient composées de soldats provenant d'horizons différents et étaient moins affectés par l'agitation de la société indienne.

Les gurkhas, les sikhs et les irréguliers du Pendjab récemment annexés restèrent largement fidèles aux Britanniques [ 52 ] , [ 53 ]. Ce chiffre incluait un grand nombre de soldats hâtivement mobilisés dans le Pendjab et la Province de la Frontière-du-Nord-Ouest après le déclenchement de l'insurrection. Dans l'armée de Bombay, il n'y eut que trois mutineries sur ses 29 régiments tandis que l'armée de Madras ne vit aucune mutinerie même si certains de ses 52 régiments refusèrent de servir dans le Bengale [ 56 ].

De même, la plus grande partie du sud de l'Inde resta calme et ne connut que quelques incidents sporadiques. Bahadur Shah Zafar se proclama Empereur de la totalité de l'Inde. La plupart des rapports contemporains et modernes suggèrent qu'il avait été forcé par les cipayes et ses courtisans à signer la proclamation contre son gré [ 57 ]. Les civils, la noblesse et les autres dignitaires prêtèrent serment à l'empereur. Ce dernier fit frapper des pièces à son effigie. Cependant, cette déclaration poussa les sikhs à l'écart de la rébellion car ils ne voulaient pas revenir sous une domination musulmane qu'ils avaient combattue lors de nombreuses guerres contre l' Empire moghol.

Au départ, les soldats indiens furent capables de repousser les troupes de la Compagnie et capturèrent plusieurs grandes villes dans l' Haryana , Bihar , les provinces centrales et dans l'Awadh. Lorsque les troupes européennes furent renforcées et purent contrattaquer, les cipayes étaient handicapés par le manque de commandement centralisé.

Quartiers populaires et désert politique

Même si certains leaders comme Bakht Khan que l'empereur nomma au poste de commandement-en-chef après que son fils Mirza Mughal se fut révélé impuissant émergèrent, ils durent souvent chercher l'appui des princes et des rajas. Certains se révélèrent des commandants doués mais d'autres furent égoïstes ou ineptes. Dans le nord de l'actuel Uttar Pradesh près de Meerut , les gurjars se révoltèrent sous l'influence de Choudhari Kadam Singh Kuddum Singh et expulsèrent les forces de la Compagnie.

Certaines sources rapportent que presque tous les villages gurjars dans la zone comprise entre Meerut et Delhi participèrent à la révolte. Il faudra attendre la fin du mois du juillet pour que la Compagnie, aidée par les jats , ne parvienne à reprendre le contrôle de la région [ 59 ].

Durant cette période, Nizamuddin était un érudit renommé et mufti de Rewari. Il lança une fatwa contre les forces britanniques et appela la population locale à soutenir les forces de Rao Tula Ram.

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De nombreuses personnes furent tuées lors du combat à Narnaul. Après la défaite de Rao Tula Ram le 16 novembre , Nizamuddinfut fut arrêté à Rewari tandis que son frère et son beau-frère furent arrêtés à Tijara. Ils furent emmenés à Delhi et pendus [ 61 ]. Les Britanniques furent initialement lents à réagir. Il fallut plusieurs mois aux troupes basées en Grande-Bretagne pour rejoindre l'Inde par la mer même si certains régiments furent rapatriés de Perse où ils se trouvaient après la guerre de Crimée et d'autres, déjà en route vers la Chine, furent déroutés vers l'Inde.

De plus, les troupes européennes eurent des difficultés à se mettre en ordre de marche et formèrent finalement deux colonnes vers Meerut et Shimla. Ils avancèrent lentement vers Delhi et combattirent, tuèrent et pendirent de nombreux insurgés sur le chemin. Deux mois après le déclenchement de la révolte, les deux colonnes se rejoignirent près de Karnal.

Les forces combinées qui incluaient deux bataillons de gurkhas servant sous contrat dans l'armée du Bengale , affrontèrent l'armée principale des rebelles à Badli-ke-Serai et les repoussèrent vers Delhi. La Compagnie établit une base sur la crête nord de Delhi et le siège de Delhi commença. Le siège dura du 1 er juillet au 21 septembre. Cependant, l'encerclement n'était pas complet et durant la plus grande partie du siège les forces de la Compagnie étaient inférieures en nombre et il apparaissait souvent que c'était les troupes de la Compagnie et non Delhi qui étaient assiégées.

Durant plusieurs semaines, les maladies, la fatigue et les sorties continuelles des rebelles manquèrent de repousser les forces de la Compagnie mais le soulèvement du Pendjab fut évité et les troupes britanniques de la zone commandées par John Nicholson furent redéployées pour assiéger Delhi le 14 août [ 62 ] , [ 63 ]. Le 30 août, les rebelles proposèrent de se rendre mais leurs conditions ne furent pas acceptées par les Britanniques [ 64 ]. L'observatoire de Yantra Mandir en fut endommagé par les combats. L'artillerie lourde n'arriva que le 7 septembre mais les canons ouvrirent le feu immédiatement et percèrent des brèches dans les murs.

Une tentative pour s'engouffrer dans la ville à travers les brèches fut lancée le 14 septembre. Les attaquants réussirent à franchir les murailles au prix de lourdes pertes, dont John Nicholson.

Le commandant britannique voulut se retirer mais il en fut dissuadé par ses officiers subalternes. Après une semaine de combat urbain, les Britanniques atteignirent le Fort Rouge. Bahâdur Shâh s'était déjà échappé vers la Tombe de Humayun. Les troupes de la Compagnie pillèrent la ville et un grand nombre de civils furent tués en représailles pour la mort des Européens quelques mois plus tôt.

Révolte des cipayes

Au cours des combats de rue, l'artillerie avait été positionnée dans la grande mosquée de la ville et les quartiers alentour furent bombardés. Ceux-ci incluaient les maisons de la noblesse musulmane de toute l'Inde et contenait des trésors artistiques, littéraires et culturels inestimables. Les Britanniques arrêtèrent Bahâdur Shâh et le jour suivant, l'officier William Hodson exécuta ses fils. Peu après la chute de Delhi, les assaillants victorieux organisèrent une colonne de renfort pour soutenir les autres sièges d' Âgrâ et de Cawnpore.

Cela permit à la Compagnie de réaliser une ligne de communication, quoique ténue, entre l'est et l'ouest de l'Inde. En juin, les cipayes du général Wheeler à Cawnpore actuel Kanpur se mutinèrent et attaquèrent les retranchements européens. Wheeler n'était pas un vétéran ou un soldat respecté mais s'était marié avec une Indienne issue d'une haute caste. Il comptait sur son prestige et sur des relations cordiales avec Nânâ Sâhib pour étouffer la révolte et il ne prit pas beaucoup de mesures pour préparer les défenses ou stocker les munitions et le ravitaillement. Les assiégés résistèrent durant trois semaines avec de lourdes pertes.

Le 25 juin, Nânâ Sâhib proposa d'ouvrir un corridor pour évacuer les Britanniques vers Allahabad. Avec moins de trois jours de ravitaillement en stock, les Britanniques acceptèrent à la condition de pouvoir conserver leurs armes et que l'évacuation se déroule de jour le matin du 27 juin Nânâ Sâhib voulait que l'évacuation ait lieu durant la nuit du Au matin du 27, les Européens quittèrent leurs retranchements et avancèrent vers la rivière où des bateaux attendaient pour les emmener à Allahabad [ 65 ].

Quelques officiers britanniques blessés à la traîne derrière la colonne furent tués. Après que les Européens furent arrivés aux docks, encerclés par les cipayes positionnés sur les deux rives du Gange [ 66 ] , le feu se déclencha sur les navires qui furent abandonnés par leurs équipages [ 67 ]. Dans la confusion qui éclata, des coups de feu furent tirés, ce qui déclencha le massacre.

Vers la fin de la journée, la cavalerie rebelle patrouillait dans le fleuve pour achever les survivants.

Pouvoir d'infiltration

Les survivants furent rassemblés et les hommes exécutés. À la fin du massacre, tous les hommes européens avaient été tués tandis que les femmes et les enfants furent pris en otage [ 68 ]. Seul quatre hommes s'échappèrent de Cawnpore sur l'un des navires, deux premières classes qui moururent plus tard lors de la révolte , un lieutenant et le capitaine Mobray Thomson qui écrivit un livre sur son expérience sous le titre de The Story of Cawnpore Que le feu ait été accidentel ou volontaire reste un sujet de discorde.

La plupart des historiens s'accordent pour penser qu'il avait été planifié soit par Nânâ Sâhib Kaye et Malleson soit par Tatya Tope un de ses subalternes sans l'accord de Nânâ Sâhib Forrest. En effet, la vitesse avec laquelle Nânâ Sâhib a accepté les conditions des Britanniques et la puissance de feu déployée autour du débarcadère bien supérieure à ce qui était nécessaire pour garder les Européens semblent jouer en faveur d'un massacre planifié.

Au même moment, quelqu'un dans la foule lança un coup de clairon qui provoqua du désordre et dans le chaos grandissant, les marins quittèrent les navires. Les rebelles commencèrent alors à tirer sans distinction. Nânâ Sâhib qui était resté au Savada Kothi bungalow à proximité fut informé de la situation et ordonna immédiatement d'y mettre un terme [ 69 ]. Certaines sources avancent que cela aurait pu être le résultat d'un accident ou d'une erreur.

Quelqu'un tira un coup de feu volontairement ou accidentellement, les Britanniques paniqués ouvrirent le feu et il devint impossible d'arrêter le carnage [ 70 ].

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Les femmes et les enfants survivants furent emmenés par Nânâ Sâhib qui les confina dans le Savada Kothi puis dans la maison du magistrat local le Bibigarh [ 71 ] où ils furent rejoints par les réfugiés de Fatehgarh. En tout, cinq hommes et femmes et enfants furent enfermés dans le Bibigarh durant deux semaines. En une semaine, 25 d'entre eux étaient morts du fait de la dysenterie et du choléra [ 67 ]. Dans le même temps, une force de secours de la Compagnie avait progressé vers Allahabad et battit les Indiens.

Le 15 juillet, lorsqu'il devint évident que Cawnpore ne pourrait pas tenir, Nânâ Sâhib et les autres chefs rebelles décidèrent d'exécuter les otages. Les cipayes refusèrent de mener cet ordre alors deux bouchers musulmans, deux paysans hindous et l'un des gardes du corps de Nânâ Sâhib furent envoyés dans le Bibigarh.

Armés de couteaux et de machettes, ils tuèrent tous les prisonniers [ 72 ]. Les cadavres furent ensuite jetés dans un puits [ 73 ] et quand ce dernier fut rempli, les autres corps furent jetés dans le Gange [ 74 ]. Les historiens ont avancé de multiples raisons pour expliquer cet acte de sauvagerie. Certains leaders ont pu penser que les troupes de la Compagnie avanceraient plus lentement s'il n'y avait plus d'otages à libérer.

Ils souhaitaient peut-être ne laisser aucun témoin derrière eux après la chute de Cawnpore. Le meurtre des femmes et des enfants se révéla être une grave erreur. L'opinion britannique fut horrifiée et les cipayes perdirent beaucoup de leurs partisans. Cawnpore devint le cri de guerre des soldats britanniques et de leurs alliés pour le reste du conflit. Nânâ Sâhib disparut vers la fin de la révolte et ce qui lui est arrivé resta mystérieux. Selon d'autres rapports britanniques [ 76 ] , [ 77 ] , [ 78 ] des mesures de punitions indiscriminées furent prises au début du mois de juin, soit deux semaines avant le massacre à Bibigarh mais après ceux de Meerut et de Delhi par le lieutenant-colonel James George Smith Neill des fusiliers de Madras une unité européenne lors de son avancée vers Cawnpore.