Au nom de la liberté cinéma film

Éviter la confrontation

Plusieurs films allemands sur la RDA sortis au cours des derniers mois peuvent ainsi être évoqués. La Révolution silencieuse Das schweigende Klassenzimmer, Lars Kraume revenait par exemple sur la trajectoire de lycéens est-allemands qui, en , firent une minute de silence en hommage aux victimes de la répression soviétique à Budapest et devinrent la cible de plusieurs responsables politiques avant de se résoudre à quitter la RDA. Les Strelzyk échouent une première fois et, alors que la Stasi déploie de vastes moyens pour les identifier et les retrouver, ils entreprennent une nouvelle tentative avec la famille Wetzel.

De leur quotidien hors de leurs domiciles, nous ne verrons presque rien. Son hésitation ne dure donc pas longtemps. Même lorsque son mari Peter Friedrich Mücke est en proie au désespoir, elle lui apporte certes une oreille attentive mais ce sont leurs fils qui proposent une solution. Or, on apprendra plus tard que Petra Wetzel avait simplement expliqué à ses enfants que leur père était en train de coudre une tente pour aller faire du camping.

Grâce à Dieu un film entre liberté d'expression et présomption d'innocence

Le film joue sur les codes du thriller, en créant notamment de faux suspenses la voiture qui ne démarre pas, la lettre que Frank cherche à récupérer dans la boîte aux lettres, le voisin envahissant, etc. Cette déformation de la réalité est surtout le fait du réalisateur. Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Très probablement, ces événements et ces circonstances précises ont été imaginées par Tony Gatlif.


  • Soif de liberté au cinéma étranger.
  • « Bouée de sauvetage ».
  • le film méprises!
  • Au nom de la Liberté (2006) de Phillip Noyce.
  • écrivains film fantômes en croisière!
  • "Au nom de la liberté".

Un peu de réflexion suffit aussi à comprendre que le cinéaste a voulu à cet endroit traduire une signification implicite, plus ou moins définie, ou produire une impression plus ou moins forte sur le spectateur. En d'autres mots, on pourrait dire que ce retour du chien est cruellement ironique: l'animal que Théodore a soigné sans doute avec bienveillance sert à présent à garder sinon à effrayer ou torturer la femme qu'il aime.

Les faits racontés, leur agencement, leur mise en scène ont donc été voulus par le cinéaste dont nous devons ainsi, en tant que spectateurs, reconstruire les intentions implicites. Il serait en tout cas naïf de croire que de tels événements sont la simple transcription de faits ou d'anecdotes historiques.

L'animateur trouvera ci-dessous des commentaires qui lui permettront d'orienter la réflexion des participants, ou qu'il pourra directement leur soumettre après les avoir par exemple répartis en petits groupes en leur demandant d'y réagir. Comme on le verra, l'accent est notamment mis sur le rôle du cinéaste, sur les significations implicites des événements représentés, ainsi que sur la part de mise en scène. Les fils barbelés résonnent comme des cordes de guitare ou de piano. L'image est à la fois très forte et dérangeante, et apparaît comme un avertissement au tout début du film.

Traditionnellement, la musique est associée aux Tsiganes, et elle est effectivement très présente dans le film: même le spectateurs les moins sensibles auront remarqué l'accompagnement musical souvent endiablé d'un grand nombre de séquences.

Au nom de la liberté. Cinéma - La Roche sur sdocpm.asou-mo.ru

En revanche, cette musique d'ouverture jouée, semble-t-il, sur un instrument à cordes frappées comme un cymbalum est beaucoup plus lente et sonne donc de manière lugubre et sinistre. Les Tsiganes mettent évidemment des couvertures et des sacs sur les roues de leur roulotte pour ne pas être entendus des soldats allemands. Sont-ils réellement menacés à ce moment-là par ces hommes?

À l'époque, pour des Tsiganes sans doute peu informés de l'actualité politique, l'uniforme allemand ou nazi n'était peut-être pas plus menaçant que n'importe quel autre uniforme de soldat et surtout de gendarme….

Synopsis et détails

À la réflexion, l'on peut en effet penser que la vue de n'importe quel uniforme aurait suscité le même genre de réactions. Autrement dit, les Tsiganes ne se sentent pas concernés par les événements en cours, et ils ne font pas de grandes distinctions entre les différents pays en guerre contrairement notamment à Mademoiselle Lundi qui s'engage dans la Résistance. Et ce qu'ils craignent, c'est de manière générale les représentants de l'autorité, gendarmes, policiers ou soldats. Leurs craintes sont d'ailleurs justifiées puisque ce sont des gendarmes français qui les arrêteront la première fois pour les emmener dans un camp d'internement.

Pierre Pentecôte semble devenu malveillant à l'égard des nomades alors que jusque-là, il les fréquentait sans hostilité. Mais, si l'on connaît un tout petit peu le contexte historique, l'on comprend facilement que ce changement d'humeur résulte surtout d'un changement du climat politique. Après la défaite de la France en juin 40 et après avoir signé l'armistice avec l'Allemagne, le maréchal Pétain, qui dispose des pleins pouvoirs, devient chef de l'État dont il modifie profondément la nature. Pour la population française confrontée alors à de nombreux problèmes matériels, l'ampleur de ce changement de régime a sans doute été peu perçue.

Ce régime autoritaire, sinon dictatorial, qui rompt avec la tradition républicaine française, s'appuie sur l'armée ou ce qu'il en reste , l'Église et différentes élites ralliées à Vichy. Et il peut à présent manifester ce racisme qu'auparavant il cachait de manière plus ou moins hypocrite. On aurait tendance aujourd'hui à rire de ce genre de remèdes et à leur préférer ceux de la médecine scientifique. Il ne faut pas néanmoins mépriser ces remèdes traditionnels qui sont l'héritage de savoirs accumulés par des populations nomades ou paysannes obligées à cause de l'isolement de se débrouiller seules pour soigner leurs malades ou blessés.

Cinéma. Le vent de la liberté/ Ballon. Un film de Michael Herbig, 12222

Si tous ces remèdes ne sont pas efficaces, il serait absurde de croire qu'aucun d'eux n'a de vertu thérapeutique, et des chercheurs scientifiques s'attachent aujourd'hui à recueillir ces savoirs anciens. On remarquera encore que les soins prodigués par les Tsiganes s'accompagnent de rituels religieux comme les prières adressées à la jument malade qui finira par se relever. Ce n'est que dans les sociétés modernes que la médecine s'est séparée progressivement, comme discipline scientifique autonome, de la magie. Le personnage de Taloche aura sans doute marqué beaucoup de spectateurs.

On signalera immédiatement qu'il est interprété par un acteur professionnel, James Thiérrée qui, contrairement aux autres acteurs, n'est pas rom: il s'est d'ailleurs beaucoup investi dans ce film, refusant même d'être doublé par un cascadeur dans des scènes périlleuses comme celle de sa chute de l'arbre. Mais quelle est cette espèce de folie qui semble habiter ce personnage? Il serait évidemment absurde de penser qu'il s'agit là d'un trait de personnalité ou d'une mentalité caractéristique des nomades tsiganes: en effet, les autres membres du groupe ne réagissent pas comme lui et ont des comportements beaucoup moins exubérants.

Mais ce personnage singulier, qui est sans aucun doute un personnage de fiction imaginé par le cinéaste qui est également son propre scénariste , joue un rôle central dans ce drame dont le propos semble beaucoup plus général puisqu'il traite de la persécution des Tsiganes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans sa folie, on peut sans doute deviner une valeur beaucoup plus largement partagée ou une signification plus abstraite. Ainsi, quand Taloche se roule par terre, se jette dans la rivière, se couvre de feuilles et de mousse, il semble vouloir ne faire qu'un avec la nature qui l'entoure, il semble vouloir se fondre avec elle et disparaître en elle… Il semble ainsi animé d'un sentiment panthéiste où l'homme se confond avec le monde naturel, alors que la société moderne opère plutôt une nette distinction entre l'homme et la nature, entre la société humaine et le monde environnant, entre la culture et la nature.

Par ailleurs, on remarque à plusieurs reprises que Taloche est attiré vers les arbres, vers leurs sommets, rêvant même de s'envoler comme un oiseau… Rêve de liberté, rêve de légèreté, rêve d'envol se mélangent ainsi avec le sentiment panthéiste d'une fusion avec la nature, avec la forêt, avec les arbres…. Ainsi, on pourrait dire que sa folie est l'expression extrême du goût de la liberté des Tsiganes nomades. Les signes sur cette montre sont ceux de l'écriture hébraïque.

Commentaires

La scène ne peut cependant pas se comprendre si l'on n'a pas une connaissance minimale du contexte évoqué. Ce n'est évidemment pas un voyageur quelconque qui a perdu cette montre, mais très vraisemblablement un Juif déporté dans un train de marchandises avec des centaines d'autres Juifs destinés à la mort dans un des camps d'extermination en activité dans l'est de l'Europe.

On peut même penser que cette montre a été volontairement jetée par cette personne comme un dernier signe adressé aux survivants. La montre est donc à la fois un indice de l'extermination en cours mais aussi le signe d'une menace qui pèse désormais sur Taloche et ses compagnons. Les nomades ont disparu de leur campement, et on les retrouve bientôt derrière des barbelés dans un endroit misérable qui a toutes les apparences d'un camp de concentration allemand mais qui est gardé par des gendarmes français: la caméra qui nous en montrera plus tard l'entrée de grande taille soulignera d'ailleurs la présence au sommet du sigle de la République française.

C'est sans doute une surprise pour beaucoup de spectateurs de découvrir ainsi qu'il a existé ce genre de camps sur le territoire français. Leur mise en place et l'arrestation des Tsiganes nomades ont en fait été ordonnées par les autorités d'occupation allemandes, mais le gouvernement de Vichy n'a formulé aucune objection à cette exigence. Ce sont donc des gendarmes ou des gardiens français qui assureront la surveillance de ces camps.

On remarquera que cet internement, même arbitraire, aurait pu se dérouler dans de meilleures conditions.

GLADIATOR \

Les baraquements sont surpeuplés, la nourriture visiblement insuffisante, les conditions d'hygiène déplorables… Et on a même prévu un cachot pour les récalcitrants comme Taloche alors qu'il s'agit pourtant de personnes présupposées innocentes. L'attitude générale des gendarmes révèle d'ailleurs qu'ils sont plus soucieux d'obéir aux ordres leur chef retarde la libération du groupe demandée par Théodore que de s'assurer des conditions de vie des personnes internées.

Nomades, les Tsiganes ont une attitude de rejet par rapport aux maisons fermées des sédentaires, ce qui se traduit notamment par une série de superstitions et de rites de purification comme celui que pratiquent les hommes du groupe en frottant de l'ail sur les portes. On remarquera que de tels rites et de telles superstitions ne sont pas propres aux Tsiganes et que ces pratiques sous des formes éventuellement différentes ont perduré dans les campagnes européennes jusqu'à la fin du 19e siècle et même au-delà. Le cinéma a d'ailleurs largement popularisé le rôle supposé protecteur de l'ail contre les mauvais esprits et les vampires en particulier!

On se souviendra également de la crainte que les membres du groupe manifestent à l'égard des rats dans la cave qu'ils assimilent à des fantômes. De manière générale, les Tsiganes opèrent une importante distinction entre les lieux purs comme l'intérieur de leurs caravanes et des lieux impurs, menaçants, souillés, dangereux comme ceux où vivent les gadgé les non-Tsiganes.

Bien entendu, ces croyances et ces rituels se sont transformés avec le temps. Un paysan vient demander aux Tsiganes de jouer de la musique pour ses poules malades. Il y a une petite ambiguïté car d'autres villageois semblent en profiter pour ériger une barrière autour du lieu de résidence des nomades: cette demande était-elle une ruse? Sans doute pas. Les croyances superstitieuses n'étaient pas propres aux Tsiganes et étaient largement répandues dans les campagnes, notamment lorsqu'il s'agissait de faire face à des calamités comme la maladie, la sécheresse, les invasions d'insectes destructeurs de récoltes… Dans le malheur, sans remède connu, tout le monde est prêt à croire à n'importe quelle solution plus ou moins magique, et les paysans s'adressaient alors facilement à des sorciers, des rebouteux et autres guérisseurs.

Pourquoi dès lors ne pas jouer de la musique pour des poules malades? Aujourd'hui encore, certains prétendent que la musique favorise la pousse des plantes d'appartement! On voit cependant à la réaction de l'aîné des Tsiganes qu'il semble prendre cette demande à la légère, presque à la rigolade: lui-même n'y croit peut-être pas et profite simplement de la crédulité du paysan. Il est vrai que les croyances superstitieuses des autres nous paraissent facilement absurdes alors que les nôtres nous semblent en revanche beaucoup plus solides!