Lîle aux filles perdues étoiles

Ils marchèrent ainsi très longtemps, il leur sembla que le trajet était interminable, et la nuit, éternelle. Qui étaient ces enfants, et combien étaient-ils? Des dizaines, des centaines plus probablement, et tous cheminaient ainsi, lentement, en file indienne, dans le plus grand silence, projetant derrière eux leur ombre, colorée de la teinte du lampion qu'ils avaient choisi.

Depuis le fleuve, l'île ressemblait à un grand volcan dont les coulées de lave se seraient échappées pour prendre un bain de couleurs, avant de remonter au cratère, en rampant à reculons. Théo et Lison, lucioles parmi les autres, accordèrent un regard en direction du fleuve, et purent ainsi mesurer le chemin parcouru. Ils étaient haut déjà, mais ignoraient toujours la destination vers laquelle ils étaient appelés. Soudain le vent se fit plus fort, et la lune, dissimulée jusquelà par d'épais nuages, se découvrit et recommença à éclairer le paysage, dévoilant ce que nul n'avait pu soupçonner avant cela : la colline était surplombée d'un imposant château.

Le chant des esprits

L'énorme masse noire se découpait dans le ciel comme un monstre endormi ; on supposait une construction de type médiéval, avec ses remparts, ses tours, et — pourquoi pas? En tête du cortège, les rubans lumineux s'enfonçaient lentement, mais avec une fluidité qui relevait du prodige, dans les remparts. Bientôt ce fut au tour de Théo d'y pénétrer. En passant la petite porte cochère, on s'attendait naturellement à pénétrer dans l'enceinte du château. Pourtant Les remparts étaient constitués de deux murs parallèles, espacés d'environ un mètre cinquante ; en circulant entre ces deux murs on avait l'impression d'être dans une ruelle moyenâgeuse, malodorante et mal famée.

De puissantes torches accrochées très haut sur les parois éclairaient l'ensemble du passage, rendant inutiles les lampions colorés, que les enfants éteignaient et jetaient à terre. Bientôt les pavés furent jonchés de carcasses de cartons piétinées et désagrégées, comme des chrysalides vides.

Michèle Mercier

Lison, peu rassurée, prit la main de Théo. Mais Théo se trompait, et ne tarda pas à comprendre son erreur : au bout d'un moment, les enfants se trouvèrent face à un escalier qui s'enfonçait dans la terre. La largeur des marches et l'étroitesse du passage ne permettaient pas de le contourner, aussi durent-ils descendre comme les autres. Quelques sanglots étouffés se firent alors entendre, les plaintes des plus jeunes, apeurés par cet endroit lugubre et cet escalier humide qui descendait sans fin et semblait vouloir s'enfoncer jusqu'aux enfers.

Les enfants finirent pourtant par atteindre la dernière marche, pour se retrouver dans une gigantesque salle complètement vide, éclairée elle aussi par d'immenses flambeaux qui projetaient au sol des ombres fantasmagoriques. Lorsqu'ils furent tous entrés, le silence pesant dura quelques minutes encore, avant qu'une voix grave, surgie de nulle part, se fasse entendre. La princesse et moimême vous remercions d'être venus aussi nombreux. Je suis le professeur Haubert.

Avant de vous conduire à vos appartements, il me faut malheureusement effectuer un tri. Théo scrutait les murs à la recherche d'une loge ou d'un recoin qui pouvait dissimuler l'orateur. Mais la voix semblait provenir de tous les coins de la pièce, peut-être était-elle diffusée par des enceintes judicieusement situées. L'homme restait invisible.

Après une courte pause, la voix reprit : — Certains enfants sont beaucoup trop jeunes. Nous ne pourrons malheureusement les accueillir. Vous allez à présent vous diriger en file indienne vers la sortie, où des gardes vous indiqueront où aller.

Sea of Thieves – Le guide des Tall Tales : Les étoiles d'un voleur

Les enfants se mirent aussitôt en route, avec une discipline et une organisation étonnantes. À l'extrémité de la pièce se tenaient deux gardes, de part et d'autre de la porte. À chaque enfant qui passait devant eux ils indiquaient une direction, que l'enfant suivait sans mot dire.

Le tout se faisait en silence et avec une telle précision que le cortège n'avait nul besoin de ralentir. La foule glissait comme de l'eau.

Lison marchait devant Théo, un peu effrayée par ce qui allait lui arriver. À quelques pas devant eux, une fillette d'environ sept ans suivait un garçon plus âgé qui semblait être son frère. Ils se tenaient par la main.

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Lorsqu'ils passèrent devant les gardes, ceux-ci indiquèrent une direction au grand, et une autre à la petite. Le grand frère s'y opposa, et pour la première fois le silence fut rompu. Je ne la laisserai pas toute seule. Elle est trop petite, elle. Il prit fermement la petite par l'épaule et la força à suivre la direction indiquée. Tandis qu'elle tentait de ravaler ses pleurs et de dissimuler son angoisse, son frère lui cria : — Ne t'inquiète pas, Gwenaëlle.


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Rentre à la maison, je te rejoindrai bientôt. Puis il disparut dans le sens opposé. Comme Théo s'approchait des gardes, il saisit instinctivement Lison par le bras, et eut juste le temps de la dissimuler entre les pans de son grand manteau. Il fait jour, de ce jour timide que l'on croise parfois très tôt le matin, un jour nouveau-né qui prendra de l'assurance au fil des heures, mais qui pour le moment n'est qu'une lumière pâle et tremblotante, que l'on craint malgré soi de voir s'éteindre subitement, comme la flamme vacillante d'une bougie exposée au vent.

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Un peu hagard, je reprends ma route. Le timbre métallique d'une cloche d'église dans le lointain. Je regarde autour de moi ; ce village m'est inconnu, je crois que je me suis égaré. Un chien solitaire vient me saluer. Je n'en fais aucun cas et me dirige vers un petit bar devant lequel un homme est affairé à dresser une terrasse. Je m'attable, commande un thé. Quelques oiseaux viennent briser le silence, et l'écho porte au vent de joyeux babillages, sans que la citadine que je suis ne puisse déterminer s'il s'agit de chants de mésanges, de rouges-gorges ou de rossignols.

Le thé est trop chaud, et sa fumée s'élève légère dans le paysage ressuscité par le jour. Je pose le sucre dans la cuillère, l'immerge lentement, le regardant fondre petit à petit et se disperser dans le breuvage noir qui l'engloutit. Sans que j'aie rien demandé, on dépose sur ma table les nouvelles du jour. Les gros titres mentionnent un massacre d'adolescente, un crime innommable qui dépasse l'entendement. Pourtant, le style de l'article dissimule mal l'exaltation dont fut saisi le journaliste en le rédigeant.

Je passe la main sur mes yeux fatigués, pousse le journal d'un mouvement du poignet. L'homme est un loup pour l'homme. Bientôt, de chaque côté du couloir, on put deviner un certain nombre de portes ouvertes, quatre de chaque côté pour être exact, et une fermée tout au bout. La pièce dans laquelle débouchèrent Lison et Théo était vraisemblablement un dortoir. Plus petite que la première, elle était néanmoins très spacieuse, et contenait six lits à baldaquin, sur lesquels étaient jetés de riches couvre-lits de brocard finement brodés. Les têtes de lits étaient sculptées d'étranges bestiaires en bas-relief ; tout respirait le luxe et le raffinement.

Lorsque Théo était. Théo se dirigea d'instinct vers la couche la plus éloignée de l'entrée, à l'autre bout de la pièce, tout contre le mur. Profitant de ce moment de surprise qu'avait provoqué chez chacun la découverte de ce lieu inattendu, il réussit à aider Lison à se glisser sous le lit sans que personne ne remarquât sa présence. Puis, sans prendre la peine de se déchausser, il s'allongea nonchalamment. Sur le lit à côté, son voisin avait fait de même. C'était un garçon aux cheveux châtain, aux yeux vert intense qui semblaient perdus dans le vide.

L'autre lui jeta un regard curieux, mais ne répondit pas. Mais tu ne devrais pas. Ils ont dit qu'ils la reconduisaient chez vous. Demain matin elle sera à la maison. Tes parents devaient s'inquiéter de toute façon. Théo fut surpris par sa propre phrase. Avant de la prononcer, il n'avait même pas envisagé que ses propres parents aient pu remarquer son absence. Il parut alors s'éveiller d'un long rêve, ou plutôt d'un état de transe inexplicable.

Comment es-tu arrivé ici? Je m'appelle Amaury. Soudain, un tintement de cloche résonna dans le couloir. Puis des hommes, des femmes,. Le mobilier était à la hauteur du luxe environnant : tables en chêne massif aux pieds sculptés, chaises assorties, nappes de brocard, vaisselle de porcelaine fine, verres en cristal et couverts en argent.

Sans se poser plus de questions, les adolescents prirent place et attendirent. Le personnel revint rapidement, surgissant de derrière un large rideau de velours rouge qui dissimulait un passage, et traînant des chariots recouverts de plats gargantuesques — une dizaine de plats : salades, viandes en sauce, accompagnements, coupes de fruits, et même quelques bouteilles d'un élixir étrange. Après avoir entamé leur repas, les convives commencèrent à discuter. Le professeur a dit qu'il y avait une princesse!

Si vous voulez mon avis, on a remonté le temps, et on se trouve dans un vrai château au Moyen-âge! Il doit bien y avoir des chambres au château!